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Travail, famille et développement de l’enfant

L’implication des parents joue un rôle crucial dans la réussite de l’enfant à l’école, dans l’apprentissage de la lecture, des mathématiques, et dans leur comportement et leur développement. Si l’implication des parents est importante pour tous les enfants, la disponibilité des parents est particulièrement importante pour les enfants qui sont à risque, académiquement ou sur le plan comportemental.

Avec le soutien de la W.T. Grant Foundation, nous avons analysé les effets des conditions de travail des parents sur le comportement et le développement des enfants vivant ou non dans la pauvreté, en examinant les conditions de travail qui affectent la quantité, le type, la régularité et la flexibilité du temps que les parents passent avec leurs enfants. Un partie de ce projet consistait en l’analyse d’une variété de sondages, dont des journaux quotidiens, des évaluations cognitives et comportementales des enfants, et des suivis sur plusieurs années.

Résultats

Effets du travail de soir ou de nuit sur l’éducation des enfants

Les quarts de travail non-standard sont devenus de plus en plus courants au sein de l’économie 24-heures qu’est l’économie américaine. De ces types de quarts de travail, le travail de soir est le plus courant. 40% des travailleurs à plein temps et plus de la moitié des travailleurs à temps partiel ayant des quarts de travail non-standards travaillent le soir.

Dans les familles où les parents doivent travailler le soir, la qualité de la stimulation cognitive et du soutien émotif donnés aux enfants par la famille était réduite de 10 pour cent (11 pour cent si les mères travaillaient le soir; 8 pour cent si le père travaillait le soir). Les enfants pauvres sont doublement affectés par le travail des parents le soir car leurs parents ont très peu de choix concernant quelles heures ils vont travailler et ont moins de ressources pour contrebalancer les effets négatifs du travail de soir sur leurs enfants.

• Les enfants dont les parents travaillent le soir ont significativement plus de chances d’avoir de mauvais résultats en mathématiques. Pour chaque heure que les parents travaillent entre 18h et 21h, leurs enfants ont 16% plus de chances d’être dans le dernier quartile lors d’examens de mathématiques.
• Les enfants dont les parents travaillent la nuit sont 2,72 fois plus à risque d’être suspendus de l’école que les enfants dont les parents ne travaillent pas la nuit.

Les enfants à risques éducatifs

Les familles au sein desquelles un enfant était dans le dernier quartile en lecture ou en mathématiques avaient beaucoup plus de chances de faire face à des conditions de travail qui rendent difficile ou impossible le soutien des parents aux enfants.

• Des parents qui avaient un enfant dans le dernier quartile lors d’examens de mathématique, plus de la moitié n’avaient pas de congés payés; trois-quarts ne pouvaient pas compter sur la souplesse de leur horaire de travail; un sur trois faisaient face à plusieurs désavantages, n’ayant pas de congés de vacance ou de maladie payés ou d’horaire de travail flexible; un sur six n’était pas capable d’être disponible de manière régulière le soir à cause du travail; et plus d’un sur dix travaillait la nuit.
• Les familles au sein desquelles un enfant obtenait des résultats dans le dernier quartile en lecture étaient tout aussi limitées par les conditions de travail. Plus de la moitié de ces parents n’avaient pas de congés payés, et près de trois sur quatre n’avaient pas de flexibilité au travail. Plus d’un soir trois s’était retrouvé avec un ou plusieurs emplois entre 1990 et 1996, une situation qui l’avait laissé sans congés de vacance ou de maladie et sans flexibilité. De plus, un sur six parent d’enfants ayant des résultats dans le dernier quartile en lecture travaillait le soir, et plus d’un sur dix travaillait parfois la nuit.
• Plus de la moitié des parents d’enfants qui avaient à redoubler une année ou qui avaient été suspendus de l’école ne pouvaient pas, à certains moments, prendre congé afin de s’occuper des problèmes de leurs enfants. Quatre sur dix parents ont fait face à plusieurs désavantages à la fois, parfois ou tout le temps. Près d’un sur cinq parent travaillait le soir, et un sur sept travaillait la nuit.

Enfants vivant dans des familles à revenus faible : plus à risque

Nous avons examiné les familles au sein desquelles au moins un enfant avait des résultats dans le dernier quartile lors du Peabody Individual Achievement Test (PIAT). Nous avons trouvé que les mères pauvres au travail qui avaient un enfant dans le dernier quartile lors du test de lecture et de mathématiques étaient, de façon significative, plus à risque que les mères au travail* qui n’étaient pas pauvres de ne pas avoir des congés payés ou la flexibilité nécessaires pour rencontrer les enseignants, pour visiter les écoles et pour s’occuper des problèmes des enfants.

• 25% des mères vivant dans la pauvreté qui avaient un enfant dans le dernier quartile n’avaient ni congés payés ni flexibilité – à comparer à 13% des mères ne vivant pas dans la pauvreté.
• Vingt-neuf pour cent des mères vivant dans la pauvreté qui avaient un enfant dans le dernier quartile en mathématiques n’avaient ni congés payés ni flexibilité, contre 11% des mères ne vivant pas dans la pauvreté.

Les disparités des conditions de travail étaient encore plus grandes entre les mères pauvres et les mères n’étant pas pauvres ayant besoin de temps afin d’évaluer et de s’occuper des besoins d’un enfant avec problèmes de comportement, tels qu’un niveau élevé d’anxiété, des conflits avec les pairs, une attitude antisociale ou un comportement hyperactif.

• En utilisant le Behavior Problems Index (BPI) pour évaluer les difficultés de comportement, nous avons trouvé que 29% des mères pauvres qui avaient un enfant avec un niveau élevé de problèmes de comportement n’avaient ni congés payés ni flexibilité au travail, contre 9% pour les mères ne vivant pas dans la pauvreté.

*Les conditions de travail auxquelles les pères font face sont aussi alarmantes. Nous espérons que le Department of Labor [Ministère du Travail] recueillera des données similaires sur les pères et les enfants. Parce que ces données ne sont pas disponibles, cette étude était limitée aux mères.

Pour plus d’information, consulter :

Articles de journaux:

Heymann SJ. What Happens During and After School: Conditions Faced by Working Parents Living in Poverty and Their School-Age Children. Journal of Children and Poverty. 2000; 6(1): 5-20.

Heymann SJ, Earle A. The Impact Of Parental Working Conditions On School-Age Children: The Case Of Evening Work. Community, Work & Family. 2001; 4 (3): 305-325.

Heymann SJ, Earle A. Low-Income Parents: How Do Working Conditions Affect Their Opportunity to Help School-Age Children At Risk? American Educational Research Journal. 2000; 37(4): 833-848.

Heymann SJ. Rogers J and Cohen J (eds). Can Working Families Ever Win? A New Democracy Forum on Helping Parents Succeed at Work and Caregiving. Boston: Beacon Press, 2002.

Livre:

Heymann SJ. The Widening Gap: Why Working Families Are in Jeopardy and What Can Be Done About It. New York: Basic Books, 2000.


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